Le 11 septembre 2001, quatre avions détournés frappent les États-Unis. Près de 3000 personnes perdent la vie.
Le 11 septembre 2001 commence comme une journée paisible. Mais à partir de 6h45 (heure locale américaine), dix-neuf terroristes s'enregistrent sur quatre vols intérieurs. Malgré plusieurs signaux d'alerte, aucun n'est empêché d'embarquer.
À 8h46, le vol American Airlines 11 percute la tour Nord du World Trade Center. Le monde entier pense encore à un accident.
Dix-sept minutes plus tard, à 9h03, un deuxième avion frappe la tour Sud en direct. Le doute n'est plus permis.
Dans les tours, des milliers de personnes sont piégées. Le chef pompier Joseph Pfeifer mobilise un millier de sauveteurs. "Les pompiers savaient qu'ils allaient affronter l'incendie le plus dangereux de leur vie", témoigne-t-il.
À 9h37, un troisième avion s'écrase sur le Pentagone. À 9h40, tout l'espace aérien américain est fermé. Un quatrième avion s'écrase en Pennsylvanie à 10h03. Les passagers se sont révoltés contre les terroristes.
Toutes les télévisions du monde avaient les mêmes images. Il fallait les décrypter et ajouter du contexte sur le terrorisme
L'effondrement des tours
Quelques minutes avant l’effondrement, alors que des gens désespérés sautent pour échapper aux flammes, le journaliste ne comprend pas immédiatement. "Je n'ai absolument pas compris que c'était des êtres humains. Je pensais que c'était des débris."
À 9h59, la tour Sud s'effondre. À 10h28, la tour Nord s'effondre à son tour. Elle emporte 343 pompiers. Plus de 2700 personnes présentes dans les tours viennent de mourir.
"Le plus difficile, c'est d'expliquer aux gens que ce n'est pas de la science-fiction, c'est la réalité
Les failles du renseignement
Dès l'après-midi du 11 septembre, la piste d'al-Qaïda s'impose. Deux des terroristes, Nawaf al-Hazmi et Khalid al-Mihdhar, étaient connus de la CIA pour leurs liens avec l'organisation terroriste.
Mais cette information cruciale n'a jamais été transmise au FBI. Une année entière pendant laquelle ces hommes ont pris des leçons de pilotage sur le sol américain. "Toutes ces informations étaient dans leur système dès janvier 2000. Impossible de comprendre pourquoi quelqu'un à Washington avait décidé de ne pas les communiquer", déplore Ali Soufan, ancien enquêteur du FBI.
Le Pakistanais Khalid Cheikh Mohammed est considéré comme le "cerveau" des attentats du 11 septembre 2001. [KEYSTONE]
Le Pakistanais Khalid Cheikh Mohammed est considéré comme le "cerveau" des attentats du 11 septembre 2001. [KEYSTONE]
Le soir du 11 septembre, le président Bush annonce le début d'une "guerre contre le terrorisme". Les conséquences seront immenses. En octobre 2001, les États-Unis lancent la guerre en Afghanistan. En 2003, une autre guerre est déclenchée contre l'Irak, sur la base de fausses accusations.
Le Patriot Act élargit les pouvoirs de surveillance. La CIA crée des prisons secrètes où certains détenus subissent la torture.
Un patriotisme qui interroge
Dans les jours qui suivent, une vague de patriotisme déferle sur l'Amérique. Les médias subissent une pression pour se montrer plus solidaires.
Pour Xavier Colin, le 11 septembre marque un tournant. "Le lendemain, l'éditorial du journal Le Monde, c'était 'Nous sommes tous Américains'. Est-ce qu'on dirait ça aujourd'hui? Non, le monde a beaucoup changé. Il va dans un sens de grande violence".
L'héritage du 11 septembre, ce sont les personnes qui ont sacrifié leur vie ce jour-là
Ali Soufan, ancien enquêteur du FBI.
Il faudra dix ans pour que les Américains retrouvent et tuent Ben Laden, en mai 2011. Dix années qui ont profondément changé l'équilibre mondial. "Avons-nous réussi après avoir dépensé des milliers de milliards de dollars? Regardez la Syrie, le Sahel, le Soudan, la Libye, le Yémen. Tout est divisé", constate Ali Soufan.
Les héros du quotidien
Au-delà des conséquences géopolitiques, le 11 septembre a révélé des héros ordinaires. Les pompiers qui ont gravi les escaliers des tours en feu. Les passagers du vol 93 qui se sont révoltés. "L'héritage du 11 septembre, ce sont les personnes qui ont sacrifié leur vie ce jour-là", rappelle Ali Soufan.
Michael McCormick, responsable du trafic aérien ce jour-là, résume: "En période de crise, nous devenons tous des héros."......
https://www.rts.ch/info/monde/2026/article/11-septembre-2001-retour-sur-la-journee-qui-a-change-le-monde-29352445.html
Elisabeth Logean
Publié à 06:13 Modifié à 09:24